De récentes fouilles menées dans le désert de la Tatacoa, en Colombie, ont permis la découverte du squelette le plus complet d’un marsupial à dents de sabre découvert dans le nord de l’Amérique du Sud. Que sait-on de cet animal ?
Un fossile exceptionnel
Le marsupial à dent de sabre dont il est ici question appartient à l’espèce Anachlysictis gracilis, du groupe Sparassodonta. Ces mammifères prédateurs éteints ont prospéré en Amérique du Sud pendant le Cénozoïque, après l’extinction des dinosaures. Cette espèce en particulier était un représentant relativement petit de ce groupe de prédateurs, avec un corps élancé et des membres agiles. Il était également équipé de dents pointues et acérées adaptées pour déchiqueter la chair de leurs proies.
Ce spécimen en particulier vivait il y a environ 13 millions d’années dans la zone connue des paléontologues sous le nom de « La Venta », dans l’actuel désert de La Tatacoa. Il s’agit aujourd’hui d’une forêt tropicale sèche, mais à cette époque, l’environnement était beaucoup plus humide, semblable à l’actuelle Amazonie.
Ce qui marque cette nouvelle découverte, c’est le squelette relativement complet de l’animal. Auparavant, cette espèce n’était en effet connue que par un seul un morceau de mandibule et quelques restes supplémentaires. Grâce à cette découverte, les chercheurs ont ainsi pu apprendre de nouveaux détails sur cette espèce. Les analyses ont notamment permis de confirmer que ce prédateur était étroitement lié à Thylacosmilus, le marsupial à dents de sabre le plus largement reconnu. Les deux groupes, avec Patagosmilus (un autre de ces marsupiaux à dents de sabre), forment leur propre famille dans l’arbre de vie des mammifères, connu sous le nom de Thylacosmilidae.

Un hypercarnivore de taille moyenne
En analysant les caractéristiques des molaires, la morphologie dentaire et la structure de la mandibule des restes d’Anachlysictis gracilis, les chercheurs ont réussi à estimer son poids moyen qui s’élevait à environ 23 kilogrammes. C’est équivalent à celui d’un lynx.
De plus, cette analyse a permis de déterminer son régime alimentaire, confirmant qu’il s’agissait d’un hypercarnivore. Il se nourrissait donc exclusivement de viande et ne consommait pas d’os. Les proies potentielles d’Anachlysictis gracilis comprenaient une variété de petits mammifères qui peuplaient la région à cette époque tels que des marsupiaux, des rats épineux, des porcs-épics, des rongeurs de différentes tailles et même des primates qui étaient abondamment présents dans son environnement.
Dans une future étude, les chercheurs examineront tous les autres os de son corps qui comprennent diverses sections de la colonne vertébrale, des côtes, de la hanche ainsi que des omoplates et les os de ses jambes. Les informations ainsi glanées pourraient faire la lumière sur certains aspects de la façon dont il se déplaçait ou tenait sa tête. Les chercheurs pourraient aussi déterminer s’il s’agissait d’un sprinter ou d’un grimpeur. En attendant, le squelette de l’animal est conservé au Musée d’Histoire Naturelle de La Tatacoa, dans la ville de La Victoria.
Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Geodiversitas.