Depuis des siècles, le mystère de Stonehenge fascine chercheurs et passionnés d’histoire. Ce cercle de pierres érigé en Angleterre a suscité de nombreuses hypothèses sur son utilité : observatoire astronomique, temple religieux ou encore calendrier primitif. Mais une récente étude menée par le professeur Mike Parker Pearson de l’University College London propose une nouvelle perspective intrigante : Stonehenge aurait été un symbole politique d’unité entre différentes communautés agricoles de la Grande-Bretagne préhistorique.
Une construction au-delà des frontières locales
Le point de départ de cette théorie réside dans l’origine des matériaux constituant le monument. Une étude précédente avait démontré que certaines pierres, notamment les fameuses « pierres bleues », proviennent du Pays de Galles, situé à plus de 250 kilomètres du site. Plus récemment, une pierre centrale posée à plat, souvent appelée « pierre d’autel », a été identifiée comme provenant du nord de l’Écosse. Cette origine éloignée suggère que Stonehenge n’était pas uniquement une réalisation locale, mais qu’il pourrait symboliser une collaboration à l’échelle nationale.
Selon Mike Parker Pearson, « Stonehenge représente un microcosme monumental de l’ensemble des îles britanniques. Il aurait servi à célébrer une alliance entre différentes tribus agricoles ». Cette hypothèse remet en question les interprétations traditionnelles axées sur une fonction strictement religieuse ou astronomique du site.
Pourquoi des pierres éloignées ?
La mobilisation de ressources provenant de régions éloignées n’était pas un fait anodin dans le contexte préhistorique. Transporter des pierres de plusieurs tonnes à travers des centaines de kilomètres sans les moyens modernes relevait d’un effort collectif titanesque. Cela aurait nécessité une coordination et une collaboration entre différentes communautés.
Mike Parker Pearson explique que ces pierres pourraient être des émissaires symboliques : « Leur origine lointaine était un moyen de représenter l’union de groupes distincts, tout en célébrant leur identité commune ». En somme, Stonehenge pourrait être interprété comme une déclaration de solidarité et d’unité, un véritable acte politique matérialisé dans la pierre.
Un monument social et symbolique
Si Stonehenge était effectivement une manifestation politique, il aurait également joué un rôle social important. Les rassemblements autour de sa construction et de son utilisation auraient servi à renforcer les liens entre différents groupes.
Des fonctions multiples encore débattues
- Rites funéraires : Des fouilles ont révélé des restes humains crémés, suggérant que le site pouvait être utilisé pour des cérémonies funéraires.
- Astronomie : La disposition des pierres correspond aux alignements solaires, notamment ceux du solstice d’été et d’hiver. Bien que cela ne confirme pas une fonction astronomique, cela montre que les constructeurs étaient conscients des cycles naturels.
- Réunions communautaires : En tant que lieu central, Stonehenge aurait été idéal pour des assemblées importantes, où des décisions majeures étaient prises.
Stonehenge dans un contexte mondial
L’idée d’utiliser des monuments pour unir des peuples n’est pas unique à Stonehenge. D’autres civilisations ont érigé des structures pour représenter leur identité collective ou leur pouvoir politique. Par exemple :
Monument | Localisation | Fonction supposée |
---|---|---|
Pyramides de Gizeh | Égypte | Symboles de pouvoir et d’éternité |
Machu Picchu | Pérou | Centre religieux et politique |
Ziggurats | Mésopotamie | Temples et centre administratif |
Ces exemples montrent que les monuments peuvent avoir une portée bien plus large qu’une simple fonction pratique ou spirituelle.
Des recherches encore en cours
Bien que cette théorie soit fascinante, le mystère de Stonehenge est loin d’être totalement éclairci. De nouvelles techniques, telles que l’analyse isotopique et les modèles 3D, permettent de mieux comprendre son histoire. Des recherches futures pourraient encore révéler d’autres aspects inattendus de ce site emblématique.
En attendant, Stonehenge continue de captiver le monde en tant que témoin silencieux des aspirations humaines à se connecter, s’unir et créer quelque chose de durable. Un monument, certes de pierre, mais surtout de la résilience et de la coopération humaine.