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Voici l’aquamation, une alternative écologique à la crémation

Voici l’aquamation, une alternative écologique à la crémation

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  • lundi 17 janvier 2022
  • 164

Après la mort, les dépouilles sont souvent incinérées. Pourtant, il existe une alternative plus respectueuse de l’environnement : l’aquamation. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une méthode de crémation par l’eau, plus précisément par hydrolyse alcaline.


Eau, chaleur et alcalinité


L’archevêque anglican et militant des droits de l’homme sud-africain Desmond Tutu est mort le 26 décembre 2021 à l’âge de 90 ans. Or, il avait choisi l’aquamation. Cette technique assez peu commune de crémation sans feu également nommée « hydrolyse alcaline » combine la chaleur et l’alcalinité à une eau en circulation, permettant ainsi d’accélérer la dissolution des tissus.







En pratique, le cadavre est plongé dans une eau à 93 °C contenue dans un cylindre métallique. L’eau en question est en mouvement et surtout, contient des agents (les carbonates et hydroxydes) facilitant la dissolution des chairs. Le procédé n’est d’ailleurs pas si long puisque l’aquamation dure seulement entre trois et quatre heures. Lorsque la méthode s’applique entre 150 et 180°C et sous pression afin d’éviter l’ébullition, on parle alors de « résomation » .


Après le déroulement de l’hydrolyse alcaline, les tissus sont littéralement liquéfiés et seuls les ossements subsistent. Ces derniers sont alors réduits en poussière comme lors de la crémation traditionnelle. Les familles reçoivent ensuite ces restes et peuvent en disposer comme bon leur semble.


aquamation
Crédits : Israkress / Wikimedia Commons

Des impacts environnementaux encore méconnus


Il faut savoir que l’aquamation a été brevetée en 1888 aux États-Unis. À l’époque, son développement avait pour objectif de faire disparaître les restes des animaux d’abattoir. Le but était d’économiser sur le plan financier, mais surtout d’éviter la diffusion des maladies. Il faut dire que l’hydrolyse alcaline vient efficacement à bout des virus et autres agents pathogènes tels que les prions.







Certaines sociétés vantent les mérites écologiques de l’aquamation. En effet, la méthode émet 30 % de gaz à effet de serre en moins par rapport à la crémation traditionnelle. En revanche, elle serait plus polluante que l’inhumation (la mise en terre). De plus, l’hydrolyse alcaline consomme de l’électricité. Toutefois, les produits de l’aquamation pourraient être réutilisés comme fertilisants et il est également possible de récupérer les métaux des prothèses tels que le plomb et le titane. En revanche, une absence d’étude sur son cycle de vie complet persiste. Aussi, les impacts de ce procédé sur l’environnement sont encore mal connus.


Aujourd’hui, l’aquamation funéraire est autorisée dans certains pays tels que l’Australie, le Canada et les États-Unis. En France, le Conseil National des Opérations Funéraires (CNOF) a rendu un avis positif sur cette méthode en 2017. Il se pourrait donc que dans un avenir plus ou moins proche, l’aquamation figure dans la liste des options disponibles pour les funérailles françaises.



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